Tour Bayart

Emblème de Saillon, la tour Bayart qui domine la vallée du Rhône, doit son nom à une dame Bayart, propriétaire du terrain. Rien à voir donc avec le chevalier Bayard, sans peur et sans reproche. Ce donjon, haut de 19 mètres pour un diamètre de près de 10 mètres, a été érigé vers 1260 par l'architecte Pierre Meinier sur demande du comte Pierre II de Savoie. Un escalier en fer permet d'atteindre l'étage de la porte et de là, par l'escalier aménagé dans l'épaisseur du mur on atteint le sommet d'où la vue est unique, balayant un panorama allant de Martigny à Sion.

Le sommet de l'édifice était autrefois recouvert d'un toit en bois. Exceptionnellement, le donjon n'est pas construit à l'abri des murs du château qui se trouve sur la colline voisine trop petite pour accueillir à la fois un donjon et des corps de logis. Cette situation particulière a nécessité l'érection à l'ouest d'une ligne de défense formée de 3 demi-tours reliées par rempart avec un chemin de ronde.

La société Grammetry a procédé a différentes mesures par drone de la Tour Bayard et présente le résultat avec le lien suivant :

https://www.grammetry.com/pc-patrimoine-1.html

TourBayard

 

Guigonne de Saillon

Cette tour a été le théâtre d'un drame qui donnera peut-être encore des frissons dans le dos du visiteur. On est au printemps 1301, Guigonne de Saillon a 19 ans et on dit qu'elle est la plus belle fille de la vallée. Elle tombe amoureuse du comte Anselme de Saxon, ennemi juré de l'évêque de Sion. Le mariage des deux tourtereaux est proche. Mais avant de convoler en justes noces, Anselme promet de faire la peau de l'évêque, dont la tyrannie le mine. Il monte à Sion. Malheureusement pour lui, un traître vend la mèche et avertit l'évêque qui capture Anselme et le décapite sur la place publique pour avoir comploté contre lui.

Apprenant la nouvelle, Guigonne de Saillon sombre dans un éternel désespoir. La vie n'a plus de sens pour elle sans son Anselme. Par une nuit d'encre, elle monte au sommet de la Tour Bayart et s'élance dans le vide. On retrouvera son corps ensanglanté dans les rochers. Longtemps dans la châtellenie, on chanta la complainte de Guigonne, qu'on entendait chaque soir sangloter dans les roseaux des rives du Rhône. Aujourd'hui encore, certains soirs sans lune, le fantôme de la pauvre Guigonne hante le donjon Bayart...